Coronavirus : le Medef contre-attaque

🔴 Karl Ghazi, intervenant dans notre documentaire, révèle que même dans la crise que nous traversons, l’intérêt capitaliste s’oppose à l’intérêt général 🔴

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“Coronavirus : le Medef contre-attaque

Emmanuel Macron et tous les libéraux qui l’entourent chantent, depuis quelques jours, les louanges du service public de la santé, ce service public qu’ils n’ont eu de cesse de détruire depuis 30 ans.

Cette unanimité touchante et marquée du zèle du converti est accompagnée d’autres déclarations pour le moins inattendues : report d’une partie de la réforme de l’assurance chômage, de la réforme des retraites et, l’annonce hardie de la décision d’interdire les licenciements pendant la durée de l’épidémie, telle que rapportée par « Les Echos ».

« Le chef du gouvernement reçoit ce mercredi à 18 heures les partenaires sociaux sur « les réponses économiques et sociales » à la crise du coronavirus. Lundi, lors d’une conférence téléphonique avec les organisations patronales et syndicales, la ministre du Travail a demandé qu’on l’alerte si une entreprise engage des licenciements. « Pendant la période actuelle, c’est zéro licenciement », a-t-elle affirmé.

« La ministre a été extrêmement ferme », rapporte ce participant à la réunion téléphonique à laquelle le Medef n’aurait pu participer faute d’avoir réussi à se connecter. Muriel Pénicaud serait allée « très loin », ajoute-t-il. « Elle nous a sollicités pour faire remonter les informations localement aux Direccte [services extérieurs de l’Etat qui gèrent les plans sociaux] et, pour les plus grandes entreprises, directement à son cabinet » en cas de projet de licenciement. Cette interdiction de fait démarre au jour où a été décidée la fermeture des commerces , soit dimanche, selon la même source qui précise qu’« aucun plan de licenciement ne sera accepté dans la période ».

Le Medef n’a pas pu se connecter à la réunion, mais il s’est rattrapé depuis et son lobbying a payé :

«Interdire de licencier, je ne crois pas que nous en arrivions là». Le premier ministre Edouard Philippe a mis fin aux rumeurs ce mardi, sur France 2. «L’interdiction administrative des licenciements, comme elle a pu exister, elle n’est jamais, je crois, une solution totalement satisfaisante», a-t-il déclaré.

De son côté, Bruno Le Maire a beaucoup étonné en invitant les salariés de certaines entreprises encore ouvertes à… se rendre sur leur lieu de travail.

Ne cherchez pas la cohérence avec le discours martial d’Emmanuel Macron, avec la nécessité de confinement, avec les leçons de morale faites aux français : il n’y en a pas.

Plus inaperçu, l’arrêté du 15 mars signé du ministre de la santé (!) modifiant celui du… 14 mars. Le premier limitait strictement la liste des magasins ayant le droit d’ouvrir à ceux qui vendent des denrées alimentaires, ce qui semblait logique et cohérent.

Le second établit la liste des magasins… autorisés à ouvrir. La voici, jugez-en par vous-mêmes :

II. – Les établissements relevant de la catégorie M peuvent toutefois continuer à recevoir du public pour les activités figurant en annexe du présent arrêté.

Entretien et réparation de véhicules automobiles, de véhicules, engins et matériels agricoles
Commerce d’équipements automobiles
Commerce et réparation de motocycles et cycles
Fourniture nécessaire aux exploitations agricoles
Commerce de détail de produits surgelés
Commerce d’alimentation générale
Supérettes
Supermarchés
Magasins multi-commerces
Hypermarchés
Commerce de détail de fruits et légumes en magasin spécialisé
Commerce de détail de viandes et de produits à base de viande en magasin spécialisé
Commerce de détail de poissons, crustacés et mollusques en magasin spécialisé
Commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé
Commerce de détail de boissons en magasin spécialisé
Autres commerces de détail alimentaires en magasin spécialisé
Les distributions alimentaires assurées par des associations caritatives
Commerce de détail de carburants en magasin spécialisé
Commerce de détail d’équipements de l’information et de la communication en magasin spécialisé
Commerce de détail d’ordinateurs, d’unités périphériques et de logiciels en magasin spécialisé
Commerce de détail de matériels de télécommunication en magasin spécialisé
Commerce de détail de matériaux de construction, quincaillerie, peintures et verres en magasin spécialisé
Commerce de détail de journaux et papeterie en magasin spécialisé
Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé
Commerce de détail d’articles médicaux et orthopédiques en magasin spécialisé
Commerce de détail d’aliments et fournitures pour les animaux de compagnie
Commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés
Vente par automates et autres commerces de détail hors magasin, éventaires ou marchés n. c. a.
Hôtels et hébergement similaire
Hébergement touristique et autre hébergement de courte durée lorsqu’il constitue pour les personnes qui y vivent un domicile régulier
Terrains de camping et parcs pour caravanes ou véhicules de loisirs lorsqu’ils constituent pour les personnes qui y vivent un domicile régulier
Location et location-bail d’autres machines, équipements et biens
Location et location-bail de machines et équipements agricoles
Location et location-bail de machines et équipements pour la construction
Activités des agences de placement de main-d’œuvre
Activités des agences de travail temporaire
Réparation d’ordinateurs et de biens personnels et domestiques
Réparation d’ordinateurs et d’équipements de communication
Réparation d’ordinateurs et d’équipements périphériques
Réparation d’équipements de communication
Blanchisserie-teinturerie
Blanchisserie-teinturerie de gros
Blanchisserie-teinturerie de détail
Services funéraires
Activités financières et d’assurance

Ne cherchez pas la cohérence avec le discours martial d’Emmanuel Macron : il n’y en a pas.

La seule cohérence d’Emmanuel Macron, c’est que même en état de « guerre », le vrai général, ça reste quand même le Medef.”

– Karl Ghazi, 18 mars 2020

Excessif

Toute honte bue, le gouvernement français a condamné, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères diffusé dimanche 4 août, « l’usage manifestement excessif de la force » par les autorités russes, qui ont procédé à 800 interpellations lors d’une manifestation non-autorisée, la veille à Moscou.

Faut-il rappeler au gouvernement français, mis en place il y a deux ans, son sinistre bilan en terme de maintien de l’ordre ? Depuis novembre 2018, les mobilisations des « gilets jaunes » ont été le théâtre d’une répression féroce, réalisée par les policiers et gendarmes sous les ordres des préfets, donc du ministre de l’Intérieur. Employant sans retenue les gaz lacrymogènes, les grenades de désencerclement et les lanceurs de balles de défense (LBD), les forces de l’ordre ont arraché cinq mains, crevé 21 yeux, blessé 2.500 personnes dont 115 journalistes.

En outre, des milliers d’arrestations – 1.723 le seul 8 décembre – ont eu lieu lors des manifestations, déclarées ou non, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes ». En mars, plus de 800 condamnations à de la prison ferme avaient d’ores et déjà été prononcées, par des tribunaux sommés par le gouvernement de juger à toute vitesse, pour faire des exemples.

Faut-il rappeler au gouvernement français sa responsabilité dans la mort de Zineb Redouane, octogénaire touchée par une grenade lacrymogène le 1er décembre 2018, alors qu’elle était à son balcon et dont l’appartement marseillais a été « nettoyé » par les flics avant l’enquête judiciaire, ou dans celle de Steve Maïa Caniço, noyé dans la Loire suite à une charge policière, pour avoir commis le seul crime de profiter d’un concert le soir de la Fête de la musique ?

La doctrine du maintien de l’ordre, édictée par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, sous l’autorité immédiate du Premier ministre Edouard Philippe et du Président Emmanuel Macron, est la source de ces tragédies, décès ou blessures graves, dont la multiplication ne permet plus de les qualifier de simples « dérives » ou « bavures ». La violence des forces de l’ordre, que les jeunes des quartiers populaires subissent depuis des années, s’est accentuée et généralisée depuis l’arrivée de Macron à l’Élysée. Tout foyer de contestation se doit d’être étouffé manu militari dans une France où les inégalités économiques explosent.

Et c’est donc ce même gouvernement français qui se permet de donner une leçon de pacifisme aux autorités russes. Celles-ci ne sont pas des anges, et elles ont bien procédé à l’interpellation, samedi 3 août, de 800 sympathisants d’Alexéi Navalny, homme politique libéral proche des États-Unis et de l’extrême-droite présenté à tort, en France, comme « le principal opposant » à Poutine – la véritable principale force d’opposition au Kremlin, à toutes les élections, est le Parti communiste de la fédération de Russie. Mais si le gouvernement LREM avait une leçon à donner à la Russie vu la situation récente de notre pays, ce serait une leçon en brutalité, en violence, en agressivité et en déshonneur.