Les criminels au pouvoir

Par Benoit Delrue, co-réalisateur d’Un Pognon de Dingue

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« Nous sommes en guerre ». Le Président Macron a répété solennellement ces mots, lundi soir. Oui, il y a une guerre contre le coronavirus, durant laquelle les travailleurs médicaux, docteurs, infirmiers, aides-soignants se trouvent en première ligne, au péril de leurs vies.

Mais dans cette guerre, de quel côté se trouve le Président des Riches ? M. Macron a beau jeu aujourd’hui de chanter les louanges de ces « services en-dehors des lois du marché », lui qui n’a jamais cessé de démanteler la protection sociale des Français pour la livrer aux appétits féroces de la classe capitaliste.

L’hôpital public, déjà au bord de la rupture, se prend de plein fouet la crise sanitaire du coronavirus. Les sous-dotations, le sous-équipement, le sous-effectif, les fermetures de lits par milliers ces dernières années ont ouvert une plaie béante sur laquelle les maigres plans de Mme Buzyn et M. Véran agissent comme un pansement superflu.

Aux soignants qui l’interpellaient, M. Macron trouvait juste de rétorquer qu’il n’existe « pas d’argent magique ». Maintenant que l’épidémie de Covid-19 déferle sur notre territoire, provoquant le krach boursier le plus grave de l’histoire du CAC 40 et des mesures de confinement jamais prises jusqu’alors, le Président vient de trouver 300 milliards d’euros.

Trois cents milliards d’euros pour l’hôpital public ? Non : pour combler le manque à gagner des multinationales ! Quand le Président des Riches sort le carnet de chèque, il ne faut pas s’attendre à une bonne surprise. Il paye avec l’impôt des travailleurs les pertes de la bourgeoisie, comme l’avait fait M. Sarkozy lors de la crise bancaire en 2008.

Vendredi 20 mars, nous avons un avant-goût des mesures drastiques du gouvernement En Marche pour « relancer » ou « maintenir » l’économie : ceux qui n’ont que leur force de travail pour subsister seront à nouveau les sacrifiés. Allongement du temps de travail, renoncement aux congés payés figurent au programme.

Pour un confinement de quinze jours, la loi d’urgence prévoit d’obliger les salariés à poser une de leurs cinq semaines de congés payés. Du tout-cuit pour le grand patronat. Quand le confinement sera inévitablement reconduit pour atteindre 45 jours, à combien de semaines de congés payés nous obligeront-ils à renoncer ?

M. Macron pousse l’hypocrisie à son paroxysme en sermonnant les Français pour qu’ils restent chez eux, unique moyen de sauver des vies, tout en envoyant ses ministres Le Maire et Pénicaud exiger des salariés qu’ils se rendent au travail. Ils ont même mis, le 20 mars, une prime de 1.000 euros sur la table pour le travailleur prêt à prendre le risque d’être contaminé et de contaminer ses proches. Cela porte un nom : criminel.

Les criminels sont au pouvoir. Ils ont désossé l’hôpital public et la Sécurité sociale qui l’organise, ils ont coupé la protection sociale des démunis, de l’APL à la réforme de l’Assurance-chômage en passant par celle de l’AME, ils ont poussé jusqu’au bout la logique de la rentabilité capitaliste et les voilà aujourd’hui réclamer, exiger de la grande majorité qu’ils ont appauvrie, de se serrer la ceinture d’un cran supplémentaire, d’aller au turbin quitte à choper cette saloperie qu’on ne sait pas soigner.

Derrière les beaux discours sur l’union sacrée, M. Macron demeure le porte-parole de la grande bourgeoisie et d’elle seule.

Monique Pinçon-Charlot, spécialiste de cette infime mais toute-puissante classe sociale, intervenante dans notre documentaire, nous avait confié début février sa crainte de voir la grande bourgeoisie pousser les travailleurs à la mort, se débarrassant ainsi d’une population devenue inutile du fait de la robotisation et de l’intelligence artificielle, lors des catastrophes climatiques à venir. De la crise écologique à la crise sanitaire, il n’y a qu’un pas.

L’humanité est en guerre contre le coronavirus. Il n’est pas certain que monsieur Macron et les siens appartiennent au camp de l’humanité.

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