[Vidéo] Dépenses de Macron pour 2017 : Remises illégales & contrôle bâclé

🔴 Candidat le plus dépensier en 2017, notamment pour son image, Emmanuel Macron a profité de très gros rabais de la part d’entreprises.

🔥 Ces entreprises, récompensées une fois Macron à l’Élysée, pourraient avoir financé illégalement le candidat. La commission nationale des comptes de campagne a fermé les yeux.

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Désastreux

« Sylvie Goulard démissionne de son poste de ministre, à cause de cette enquête, l’enquête n’est pas terminée, et là elle pourrait devenir commissaire européenne. C’est à dire que la vérité à Paris n’est pas la vérité à Bruxelles ou à Strasbourg, si j’ai bien compris ? » Jean-Jacques Bourdin, journaliste électron libre, a étrillé la secrétaire d’État aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, vendredi 30 août.

L’enquête en question ? Ouverte le 9 juin 2017 par le parquet de Paris, elle porte sur les « abus de confiance » et le « recel » du délit, en raison de possibles emplois d’assistants, par les députés européens du MoDem, ne travaillant que pour le parti de François Bayrou et pas sur les dossiers européens ; ce qui correspondrait à des emplois fictifs financés par le contribuable européen.

Députée européenne du MoDem entre 2009 et le 17 mai 2017, jour où elle devient ministre des Armées pour une durée record de 35 jours, Sylvie Goulard est directement concernée par cette affaire. Elle avait embauché durant son mandat Stéphane Térou, collaborateur en poste à Paris, au siège du MoDem. Loin de Strasbourg et Bruxelles, et loin de la circonscription de l’Ouest où Goulard a été élue. L’enquête est toujours en cours.

Eurobéate, proche du lobby des banques, rémunérée par un think tank étasunien… Pour mieux comprendre celle qu’Emmanuel Macron a présentée mercredi 28 août pour occuper le poste de commissaire français au sein de la Commission européenne, dressons son portrait.

Sylvie Goulard a suivi une scolarité impeccable : bachelière à 15 ans, titulaire d’une licence en droit à moins de 20 ans, elle est diplômée de l’institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) puis de l’École Nationale d’Administration (ENA) en 1989. La même année, elle entre au ministère des Affaires étrangères à la direction des affaires juridiques, d’où elle assiste, euphorique, à l’annexion de l’Allemagne de l’Est (RDA) par l’Allemagne de l’Ouest (RFA).

Elle devient en 2001 conseillère politique de Romano Prodi, président de la Commission européenne, et est notamment chargée du suivi de la Convention sur l’avenir de l’Europe, présidée par Valéry Giscard d’Estaing et à l’origine du projet de traité constitutionnel. Silencieuse sur le « Non » au référendum français du 29 mai 2005, elle poursuit discrètement sa carrière avant de devenir, en 2009, députée européenne sur les listes du Mouvement Démocrate.

Fédéraliste acharnée, europhile jusqu’au bout des ongles et fascinée par l’Allemagne capitaliste, Goulard est à l’origine d’ouvrages aux titres aussi niais que « Il faut cultiver notre jardin européen » (Seuil, juin 2008), « Europe : amour ou chambre à part » (Flammarion, 2013) ou encore « De la démocratie en Europe » (Flammarion, 2012), livre co-signé avec Mario Monti. Ex-banquier de Goldman Sachs à la tête, entre 2011 et 2013, d’un gouvernement « technique » en Italie, ce dernier a fait adopter de nombreuses mesures ultra-libérales sur le marché du travail et les secteurs réglementés. Cette collaboration en dit long sur l’idée, bien peu haute, que Sylvie Goulard se fait de la démocratie, avec sa volonté incessante de renforcer l’UE, structure supranationale où les principales décisions sont prises par des personnes non-élues. Elle s’oppose farouchement à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, « évidemment pas dans le but de préserver une Europe blanche et catholique » (sic).

D’octobre 2013 à janvier 2016, alors qu’elle est députée européenne pour la France, Sylvie Goulard est rémunérée par l’institut Berggruen, think tank californien fondé par le fils du richissime marchand d’art Heinz Berggruen, à hauteur de plus de 10.000 euros par mois, comme l’a révélé le Canard Enchaîné du 21 juin 2017. Elle jure qu’il s’agit « d’un non-sujet », mais la vision étasunienne de l’Europe sied à Goulard, elle qui a toujours milité pour l’alignement des fiscalités, des règles économiques et des droits des travailleurs sur les moins protecteurs, sous couvert de fédéralisme, en fait dans l’intérêt de la bourgeoisie d’affaires.

Membre titulaire de la commission parlementaire en charge des affaires économiques et monétaires (ECON), à Strasbourg et Bruxelles, elle fut rapporteure de nombreux textes législatifs concernant la supervision des banques et des assurances ou de l’Union bancaire. Dans un billet de blog sur Alternatives Économiques du 17 janvier 2018, la maîtresse de conférences à l’université Paris I – Panthéon Sorbonne, Jézabel Couppey-Soubeyran, accuse : « Les mauvaises langues disent d’elle qu’il lui arrivait de recopier textuellement les amendements proposés par la Fédération bancaire européenne et la Fédération bancaire française », le lobby des banques privées nationales et multinationales.

Fin 2016, elle apporte son soutien au candidat Emmanuel Macron, plusieurs mois avant François Bayrou. Goulard organise la rencontre « chaleureuse » entre le nouveau Président de la République et la Chancelière allemande Angela Merkel, le lundi 15 mai 2017, lendemain de sa cérémonie d’investiture à l’Élysée. Une précipitation qui n’est pas sans rappeler celle de François Hollande. Récompensée pour ses bons et loyaux services, Macron la nomme ministre des Armées le 17 mai, poste qu’elle n’occupera que jusqu’au 21 juin 2017, jour de parution du Canard Enchaîné qui la torpille.

Qu’à cela ne tienne : dès le 17 janvier 2018, le chef de l’État la nomme sous-gouverneure de la Banque de France. Une « stupéfiante promotion » selon Laurent Mauduit dans un article de Mediapart publié le même jour ; « une cascade d’objections, de nature judiciaire, politique ou éthique, aurait dû disqualifier l’éphémère ministre des Armées pour ce poste à la tête d’une institution réputée indépendante ». Cette nomination pose d’autant plus question que sa proximité avec le lobby bancaire, et sa défense des établissements privés, a été constatée par plusieurs témoins qui l’ont vu travailler au Parlement européen.

Nous arrivons enfin au mercredi 28 août 2019, jour où Emmanuel Macron lui offre une promotion pour la troisième fois en deux ans. Le chef de l’État la propose au poste de commissaire réservé à la France au sein du nouvel exécutif européen, qui sera présidé par l’Allemande Ursula Von der Leyen et investi le 1er novembre prochain. La présidente de la Commission doit approuver le nom de Sylvie Goulard, avant que celle-ci ne passe une audition devant le Parlement européen.

« Pour la France et l’étranger, c’est désastreux » a réagi l’association anti-corruption Anticor. « Il n’y a vraiment qu’en France qu’on voit cela. » L’enquête pour « abus de confiance » et « recel » se poursuit à Paris, et il est possible que Sylvie Goulard, directement impliquée dans l’affaire, soit prochainement mise en examen. En attendant, la Française lorgne le porte-feuille européen du Marché intérieur. Son entourage assure qu’elle est « droite dans ses bottes ».

Pyramides

Quand on pense inégalités, on pense d’abord écarts de revenus. Pourtant, ils sont bien inférieurs au rapport entre plus petits et plus gros patrimoines. Lequel dépasse l’entendement.

Kylian Mbappé, peut-être le salarié le mieux payé de France du haut de ses 20 ans, gagne 1.625.836 euros bruts par mois, lors de la saison 2019-2020 qui vient de débuter, auxquels s’ajoutent 259.080 euros mensuels en prime d’éthique, selon le journaliste de l’Équipe Arnaud Hermant, auteur du livre « Mbappé, le phénomène » sorti le 9 mai 2019. Cela nous amène à un salaire annuel de 22,619 millions d’euros bruts, soit 17,643 millions nets.

Le salaire de Kylian Mbappé est au moins aussi phénoménal que la précocité de son talent, mais sa richesse n’arrive pas à la cheville de celle de Bernard Arnault. Première fortune de France, ce dernier est à la tête d’un capital de 90,275 milliards d’euros au 3 juillet 2019, date arrêtée par le magazine Challenges pour déterminer son classement annuel.

L’attaquant du Paris-Saint-Germain devrait jouer, à son plus haut niveau, pendant plus de 5.116 ans pour espérer, à condition qu’il ne dépense rien durant cette courte période, atteindre la fortune de Bernard Arnault.

Autrement dit, Kylian Mbappé aurait dû, s’il avait voulu – « quand on veut on peut », après tout – être aussi riche aujourd’hui que le PDG de LVMH, atteindre son niveau de jeu et de rémunération actuel en 3.097 avant notre ère, peu ou prou au moment de l’apparition de l’écriture, un peu avant la construction des premières pyramides en Égypte antique et 1.000 ans avant l’arrivée des Grecs en Grèce ; puis jouer, saison après saison, jusqu’en 2019.

S’ils exercent un métier exceptionnel avec un salaire exceptionnel, les joueurs de football professionnels demeurent des salariés, quand bien même une infime minorité peut se permettre de jouer au riche, en achetant par exemple (à crédit) un jet privé. Ils ont un contrat de travail qu’ils doivent respecter, un employeur auquel ils doivent se plier, travaillent pour gagner leur argent. Et ils font rêver des millions de supporters en France.

Mais les vrais riches, les ultra-riches, sont les capitalistes qui prospèrent sur l’exploitation et les guerres intestines des classes laborieuses, bien à l’abri dans les quartiers réservés à la grande bourgeoisie. Eux ne travaillent pas, ils profitent. Leurs « activités » se limitent à des discussions stratégiques lors de dîners mondains et à des injonctions à leurs serviteurs, comptables, cadres-dirigeants. Eux n’apportent rien à la société. Ils la vampirisent.

Emmanuel Macron a approché cette classe dominante, sans toutefois l’intégrer réellement pour la simple et bonne raison que ce qui distingue un capitaliste, c’est la propriété d’un amas monstrueux de moyens de financement, de production et d’échange, le capital. Or, le chef de l’État a beau avoir gagné 3,3 millions d’euros bruts lors de son passage à Rothschild, il a tout dépensé – dans des proportions qui posent question, pour quelqu’un qui donne des leçons de vie aux pauvres chaque fois qu’il tente de s’adresser à eux – n’a rien investi et a demeuré enfermé dans l’antichambre de la bourgeoisie, la classe encadrante qui œuvre à son service.

C’est précisément tout ce que font Macron et le personnel politique qui l’entoure : œuvrer au service des ultra-riches. Ils nourrissent mutuellement leur nuisibilité, les uns en se gavant de l’essentiel des richesses de notre société, les autres en mentant professionnellement aux Français pour passer la pilule. À ce compte-là, on aurait mieux fait d’élire Mbappé.

Arrangements

L’envers du décor du G7 révèle les petits arrangements de l’organisation du sommet. Ainsi Emmanuel Macron s’arrange avec la vérité quand il affirme, samedi 24 août, que le G7 de Biarritz aura coûté « 10 à 12 fois moins cher que le précédent ». C’est même à des années-lumière de la réalité.

Selon le Journal de Québec, le G7 2018, qui a eu lieu dans la région de Charlevoix dans l’est de la province francophone du Canada, a coûté 390 millions d’euros. Pour le G7 2019, le Parlement français a effectivement voté une enveloppe de 36,4 millions d’euros. Toutefois, selon le texte de loi, « ce programme ne comprend ni les dépenses de personnel du secrétariat général de la présidence – des fonctionnaires étant mis à disposition par les administrations concernées – ni les dépenses de sécurité tenant à la mobilisation des forces de police, de gendarmerie, de sécurité civile et aux forces armées ». « Au Canada, la sécurité, incluse dans le coût global, représentait 70% du budget du sommet » relevait le Figaro lundi, pour un déploiement de forces de l’ordre moindre que les 13.200 policiers et gendarmes mobilisés toute la semaine dernière.

Autre dépense non comptée dans les 36,4 millions, les pharaoniques chantiers précédant l’accueil du sommet à Biarritz. « Il y a eu beaucoup de travaux réalisés dans la ville », selon le conseiller municipal François Amigorena. « La seule rénovation de l’hôtel du Palais aurait dépassé les 100 millions d’euros » – parce qu’ « il a fallu faire ces travaux dans l’urgence absolue ».

Pour baisser en apparence le coût du G7, le gouvernement a également passé des contrats de « mécénat » avec Orange, Engie, L’Oréal et Edenred. Pour se refaire une image écolo, Engie a « installé un peu partout dans la ville des bancs solaires pour recharger portables et tablettes, des panneaux solaires sur les bus et trams de la ville », d’après le Figaro, des installations au coût pour le moins élevé. Par ailleurs, les journalistes ont été chouchoutés : la firme gazière a mis pas moins de 200 vélos à hydrogène gratuitement à disposition des correspondants et envoyés spéciaux, tandis que Edenred a réalisé et payé à chacun des 2.000 journalistes une carte d’une valeur de 75 euros, vingt-cinq euros par jour de vendredi à dimanche, disponible dans les nombreux restaurants de Biarritz. Toutes ces petites attentions s’élèveraient à plusieurs millions d’euros, dont 60% seront remboursés au titre de crédits d’impôts aux multinationales-mécènes.

Le G7 de Biarritz aura donc coûté, non pas de 36,4 millions, mais potentiellement plusieurs centaines de millions d’euros, entièrement payés par le contribuable. Nous sommes très loin d’un budget « dix à douze fois moindre que le précédent » ; Emmanuel Macron, qui ne peut ignorer cette réalité, a sciemment menti, et ce n’est pas la première fois.

Quant au prochain G7, qui aura lieu près de Miami, il risque d’être folklorique. Le Président US Donald Trump, à nouveau grand ami de Macron, a carrément annoncé, avant de quitter Biarritz, « son intention d’héberger le prochain sommet dans l’un de ses clubs de golf de Floride, le Doral », signale le Canard Enchaîné du mercredi 28 août. « Et le Washington Post de s’inquiéter de l’éventuel détournement de millions de dollars d’argent public, américain ou étranger, au profit du milliardaire. » On n’arrête pas le business.

Propagande

« Retraites : la main tendue de Macron » titre LCI ce mardi 27 août après-midi. « C’est la mère de toutes les réformes » prévient Julien Arnaud, journaliste politique de la chaîne d’info en continu. « Clairement un changement de méthode », abonde la présentatrice Bénédicte Le Chatelier, tandis que le bandeau de l’émission fait l’éloge de « la méthode douce ». Et sur les autres chaînes, c’est du même tonneau.

La raison d’un tel discours médiatique ? Les propos d’Emmanuel Macron, dans l’interview qu’il a donnée lundi soir, selon lesquels il « privilégie » désormais d’agir sur « la durée de cotisation », et non plus sur un hypothétique âge de référence, ou « âge-pivot ». Ce dernier était l’une des propositions-phares du rapport de Jean-Paul Delevoye, que le gouvernement reprenait jusqu’alors à son compte.

« La méthode douce », « la main tendue » se traduisent également par la volonté affichée par l’exécutif d’organiser une grande « concertation » des Français. Une mascarade que nous avons démontée la semaine dernière, la porte-parole du gouvernement ayant déclaré qu’ « un certain nombre de principes édictés par le gouvernement sont des principes intangibles ».

Le fait qu’Emmanuel Macron privilégie la durée de cotisation signifie-t-il vraiment un « changement de méthode » ? Rien n’est moins vrai. Le véritable « principe intangible » de la réforme des retraites, outre le système par points, tient en quelques mots : tous les Français devront travailler plus longtemps. Que ce soit par le levier d’un « âge-pivot » ou par celui de l’augmentation du nombre de trimestres pour prétendre à la même pension qu’auparavant, ne change strictement rien pour les travailleurs de France.

Le Président de la République a menti pendant la campagne présidentielle, quand il écrivait noir sur blanc dans son programme : « Je ne toucherai pas à l’âge de départ, ni au montant des pensions ». Car la réforme des retraites qu’il nous prépare touchera aux deux : vous devrez travailler plus longtemps, et vos pensions seront plus basses. Toutes les projections, même celles des économistes libéraux, admettent ces deux réalités.

Macron, qui file le parfait amour avec Nicolas Sarkozy à la faveur de l’été, s’inspire de l’ex-Président dont la réforme la plus dure fut celle des retraites, qui souleva en masse les foules à l’automne 2010. Comme lui, Macron assène deux mensonges pour faire passer la pilule : nous vivons plus longtemps, et les caisses sont vides. L’espérance de vie globale des Français stagne depuis 2012, quand elle ne baisse pas carrément ; et si les caisses sont vides, c’est parce que le patronat fraude la Sécu, à hauteur d’au moins 20 milliards d’euros de cotisations chaque année. Soit deux fois le montant du déficit du système de retraites en 2022, selon les projections pessimistes du Conseil d’orientation des retraites, qui ne prévoient ni un retour au travail des plus de six millions d’inscrits à Pôle Emploi, ni l’égalité salariale entre les femmes et les hommes – qui rapporteraient tous deux des dizaines de milliards d’euros à la Sécurité sociale. La main tendue du Président ressemble davantage à un bras d’honneur.

Revenons sur le principe absolu de la réforme : travailler plus longtemps. L’âge de départ effectif à la retraite chez les salariés du privé se situe à 63 ans en moyenne, un peu moins dans le secteur public où les professions mieux protégées sont nombreuses – infirmiers, soldats, policiers entre autres. Tous les métiers seront alignés sur la pire situation : « l’équité » sauce Macron. L’espérance de vie en bonne santé en France s’établit à 64,1 ans chez les femmes et 62,7 ans chez les hommes. Faire travailler tout le monde plus longtemps, donc au-delà des 63 ans effectifs, c’est franchir un seuil vital.

La réforme des retraites est bien « la mère de toutes les réformes », et constitue une bombe. Elle a été placée là par Emmanuel Macron et ses ministres, mais ces derniers « tenteraient de la déminer » selon la propagande des médias libéraux, acquis à la cause patronale et macroniste. Plus fort que le pompier-pyromane, le terroriste-démineur.

Combattre la réforme des retraites est la mère de toutes les batailles. Syndicats, gilets jaunes, militants politiques et associatifs peuvent se préparer à un combat dur, qui exigera du courage et de la persévérance, mais grâce auquel nous pouvons faire reculer le chef de l’État et son gouvernement infernal – une déroute dont ils ne se relèveraient pas. Tous les travailleurs de France sont concernés. Tous ont le pouvoir, par leur mobilisation collective, de mettre K.O Macron.

Esbroufe

Alors que le G7 touche à sa fin à Biarritz, les chefs d’État et de gouvernement des principales puissances capitalistes multiplient les conférences de presse pour se féliciter de leurs propres « avancées », sous l’admiration béate d’une partie des médias français ayant abondamment commenté le confort des chambres luxueuses ou les prestigieux plats au menu des déjeuners et dîners du sommet. Il faut bien faire rêver.

Derrière ce vernis, se trouve la froide réalité d’une rencontre de dirigeants motivée, initialement par la guerre économique, politique et militaire contre l’URSS, aujourd’hui par le maintien de la domination occidentale, teinté de néocolonialisme, face à la force des puissances émergentes, Chine en tête.

L’essentiel de ce qui se dit au G7 reste secret. Tout ce qu’ils ont volontairement exposé au public n’est que poudre aux yeux. Le thème de cette année ? Les inégalités socio-économiques, sujet dont Donald Trump, Shinzo Abe, Angela Merkel, Boris Johnson, Giuseppe Conte, Justin Trudeau et Emmanuel Macron se foutent royalement. Ces chefs de nations, unis, par-delà leurs légères nuances, par l’ultra-libéralisme, sont les premiers à permettre et encourager le développement des inégalités. Ils ne sont d’ailleurs pas les véritables dirigeants de ce monde, mais les serviteurs zélés de la classe capitaliste, cette grande bourgeoisie financière qui organise le chômage de masse, maintient la grande misère, met en concurrence les peuples, tire vers le bas les droits sociaux des travailleurs, pour la simple et bonne raison que tout cela lui est profitable. Bon soldat, le doigt sur la couture du pantalon, comme ses acolytes du G7, Macron aménage l’appauvrissement de l’écrasante majorité de la population française, phénomène qui s’aggravera avec les réformes de l’assurance chômage et des retraites.

« C’est une première action concrète de la communauté internationale », brosse dans le sens du poil le journal Le Monde dans un article paru lundi 26 août après-midi : « le G7 a décidé de débloquer une aide d’urgence de 20 millions de dollars pour l’Amazonie ». Comment ne pas, face à pareille promesse, évoquer l’aide au développement à l’Afrique de 25 milliards de dollars, annoncée en grandes pompes par le G7 en 2005 ? Trois ans après, l’Africa Progress Panel, organisme chargé d’en assurer le suivi, ne pouvait constater qu’une chose : le continent le plus pauvre au monde n’en a pas vu la couleur. L’engagement n’avait pas été tenu, et ne l’a jamais été.

Le G7 est l’occasion pour les dirigeants de se gratter le dos mutuellement. Ainsi Emmanuel Macron a cédé à Donald Trump, en reculant sur la taxe GAFA, bien qu’adoptée par le Parlement le 11 juillet 2019, et qui devait rapporter moins que les recettes de l’impôt sur les sociétés si les géants du numérique étasuniens s’en acquittaient loyalement. Dimanche, le chef de l’État a fait savoir que « nous, on ne souhaite pas garder notre taxe. Elle est très imparfaite notre taxe. » Et de renvoyer à l’OCDE, l’organisation de coopération et de développement capitalistes, le soin de s’entendre sur une fiscalité numérique mondiale « d’ici 2021 ». Tant pis si ça ne voit jamais le jour.

Autour de Biarritz, l’impressionnant déploiement des forces de l’ordre a réprimé et dissuadé les manifestants anti-G7, pourtant nombreux. La Ligue des Droits de l’Homme a dénoncé des « arrestations abusives » tandis que la plate-forme Alternatives G7 a dû renoncer à la dernière minute, « compte-tenu du dispositif policier surdimensionné et du climat sécuritaire qui règne sur le territoire du Pays Basque », à organiser des manifestations pacifiques dimanche 25 août. Pas moins de 13.200 policiers et gendarmes, épaulés par des drones équipés de hauts-parleurs pour « procéder à des sommations », ont été mobilisés pour l’occasion.

Le G7 n’est une réussite que pour la classe capitaliste et ses laquais dévoués. Entre coups de com’ et coups de matraque, rien de rassurant ne pouvait en sortir, ni dans la lutte contre les inégalités, ni dans celle pour la préservation de l’environnement. De toute façon, les travailleurs de France et du monde n’en attendaient rien.

Inutile

C’est une première en France : ce dimanche 25 août après-midi, l’hypermarché Géant Casino du quartier populaire de la Roseraie, à Angers, ouvre ses portes… sans aucun personnel de l’enseigne. De quoi provoquer la colère des 114 salariés, qui se sont rassemblés dès 11h, avec les syndicats, les gilets jaunes et les partis politiques de gauche radicale, pour alerter contre une pratique engendrant chômage et injustice.

Au lieu de fermer à 12h30, l’hypermarché de 5.189 m² sera ouvert jusqu’à 21h chaque dimanche, à compter d’aujourd’hui. A l’intérieur, à part les clients inconscients de scier la branche sur laquelle ils se trouvent, le magasin est désert. Tout au plus quatre vigiles et deux animatrices, présentes « dans un premier temps » pour accompagner les consommateurs vers les huit caisses automatiques « flambant neuves », sont chargés de veiller au bon fonctionnement. Cette poignée de travailleurs ne sont pas employés par Géant Casino, mais par des prestataires sous-traitants, échappant à la protection de la convention collective de la grande distribution. « En cas de souci avec l’une des caisses, il faudra utiliser la borne téléphonique reliée à un centre d’appels qui permettra de résoudre le problème » a indiqué Luc Simon, directeur du Géant Casino de la Roseraie, bien le seul sur place à s’être porté volontaire pour ce « test ».

Heureusement, des citoyens venus nombreux – près d’une centaine malgré les 33° à l’ombre – ont joué les troubles-fête. Sur le parking et à l’intérieur même du magasin, syndicalistes, gilets jaunes, militants ont fraternisé à travers cette action. « Contre le ‘travail, consomme et ferme ta gueule’ », des porte-parole improvisés, mégaphone au poing, ont précisé entre deux chants de révolte le but de leur action, à l’endroit des clients venus relativement nombreux : « Nous ne sommes pas là pour vous embêter, nous sommes là pour vous protéger contre ce système qui vous exploite […] En consommant le dimanche après-midi, vous vous rendez complices d’un système qui écrase les travailleurs. Par solidarité, par fraternité, reposez vos articles ! »

Force est de constater que la mobilisation a arraché quelques petites mais remarquables victoires : des clients ont effectivement, au moment de scanner leurs articles, renoncé à leurs achats, sous l’applaudissement de dizaines de manifestants. « On est opposé à ce que des machines remplacent les salariés, à ce que des groupes comme Casino fassent du profit sur le dos des travailleurs » a tonné un syndicaliste. « Nous sommes inquiets pour nos emplois, nous craignons que ce système de caisses automatiques s’installe sur d’autres plages horaires et pousse à la disparition de nos métiers », d’après Saliha Guehaichia, la déléguée syndicale CGT du Géant Casino la Roseraie.

Ouvrir un hypermarché un dimanche après-midi, sans aucun salarié de l’enseigne, est une machine à cash pour les gros actionnaires, et une usine à chômage de plus pour les travailleurs de France, qui s’en seraient bien passé. Notre cher Président, barricadé au G7 à Biarritz consacré aux « inégalités sociales » (sic), n’en a pas dit un mot. Et pour cause : c’est la loi Macron promulguée le 6 août 2015 qui a donné la possibilité aux dirigeants des grandes surfaces d’ouvrir jusqu’à 13h tous les dimanches de l’année, et c’est cette même loi qui laisse un flou juridique concernant l’ouverture sans salarié à des plages horaires étendues.

Après le dimanche après-midi, pourquoi pas la nuit, 24 heures sur 24, 365 jours par année non-bissextile ? Pour les riches capitalistes du secteur de la grande distribution, en l’occurrence Jean-Charles Naouri, qui détient les enseignes Casino, GO Sport, Monoprix, Leaderprice et Cdiscount, tout est bon pour multiplier les profits. Quitte à se passer de ses salariés, par la déshumanisation d’un grand magasin avec l’automatisation à outrance… Et à propager chez une population populaire, dénuée de conscience de classe, s’accrochant à son rôle de consommateur comme dernier marqueur social, des pratiques d’achats purement inutiles, anéantissant de fait le seul jour de la semaine consacré au repos, aux loisirs, aux amis et à la famille.

[Vidéo] Macron & les milliardaires : la love-story

🔴 Le Président de la République entretient depuis de longues années des relations intimes avec les plus grandes fortunes de France.

🔥 Xavier Niel (Free, Le Monde), Patrick Drahi (SFR, BFMTV), Vincent Bolloré (Canal+, Havas), Bernard Arnault (LVMH, Carrefour) sont les amis proches d’Emmanuel Macron.

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Pénuries

Un Français sur quatre y a déjà été confronté : les ruptures de stock et d’approvisionnement de médicaments sont un fléau, qui touche en particulier les affections de longue durée (traitements contre le cancer, contre l’hypertension, antiépileptiques…). Ces pénuries, qui concernent autant les pharmacies de ville que les services hospitaliers, sont aujourd’hui vingt fois plus nombreuses qu’il y a dix ans.

Les médias ont traité ce sujet à grands renforts de témoignages de patients devant faire le tour des pharmacies pour se soigner, parfois contraints d’y renoncer, entraînant une augmentation des symptômes voire une hospitalisation nécessaire. Rares sont ceux qui ont remonté le fil du phénomène, pour définir ses causes profondes. Parce que le responsable existe : le monopole capitaliste de la production et d’approvisionnement des médicaments.

En France, le service public de la santé est tout relatif et bien partiel. Si nous avons la chance d’avoir des soins de qualité et d’être en partie remboursés des frais médicaux grâce à la Sécurité sociale, les laboratoires pharmaceutiques sont entièrement privés et suivent donc la même logique du profit à court terme et à tout prix.

Dans une tribune au Journal du Dimanche du 18 août 2019, un collectif de médecins hospitaliers appellent à relocaliser la production en Europe, tout en pointant les manquements graves des firmes pharmaceutiques à leurs devoirs. « Les laboratoires travaillent, par soucis d’économie, à flux-tendu – comme les industriels de l’électroménager ! » dénoncent-ils, tout en demandant à ce que « soit créé un établissement pharmaceutique à but non lucratif […] garant de la qualité des médicaments et de prix justes et pérennes. »

Ces médecins, excédés par les pénuries, ciblent sans les nommer les véritables fautifs. En premier lieu, Sanofi, champion français du médicament, qui a transféré vers les pays à bas coûts la production chimique et pharmaceutique des précieux remèdes, et désormais la recherche elle-même en fermant un à un ses établissements de l’hexagone (https://www.facebook.com/…/a.2164065827165…/2195183407387563). Derrière cette multinationale se trouvent des individus bien en chair, les détenteurs d’opulents portefeuilles d’actions, les gros propriétaires des parts financières de l’entreprise, qui se sont partagés pas moins de 3 milliards 773 millions d’euros de dividendes, uniquement en 2018. Ce sont eux qui se gavent, par exemple, sur le Doliprane, antalgique au paracétamol vendu cinq fois plus cher en France qu’en Espagne.

Tant que les capitalistes auront le monopole de la production de médicaments, ils continueront à la tordre pour satisfaire leur insatiable appétit de profits, quitte à sciemment organiser des pénuries. Face à leur stratégie criminelle, ils méritent d’être dépossédés de leur pouvoir sur cette branche de l’économie qui concerne l’ensemble de la population. La nationalisation du secteur pharmaceutique, pour produire en France des médicaments de qualité, investir dans la recherche pour des molécules qui amélioreraient sensiblement la vie de millions de patients, et les proposer à bas prix pour un remboursement à 100%, renforcerait grandement le service public de la santé si avantageux aux travailleurs modestes.

Bien entendu, ce n’est pas le chemin pris par le gouvernement d’Emmanuel Macron, dont la ministre de la Santé Agnès Buzyn, citée dans un article de Mediapart daté du 7 mars 2016, a déclaré que « l’industrie pharmaceutique tient son rôle, et je n’ai jamais crié avec les loups sur cette industrie ». Buzyn a ensuite enfoncé le clou : « Il faut expliquer que vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence de ces experts ». Autrement dit, pour être pris au sérieux sur l’organisation de la santé en France, même si l’on est médecin, il vaut mieux être rémunéré par Sanofi ou Servier.

La conclusion, nous la laissons à Bernie Sanders, challenger démocrate pour la présidence des États-Unis d’Amérique. « Tout ce qui nous effrayait du communisme – perdre nos maisons, nos épargnes et être forcé de travailler pour un salaire minable sans avoir de pouvoir politique – s’est réalisé grâce au capitalisme. » C’est désormais vrai pour les pénuries de masse des produits d’intérêt vital.

Mensonges

Aujourd’hui, le gouvernement a annoncé sa volonté d’organiser une « concertation » des Français sur sa réforme des retraites. Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités, ce matin sur BFMTV, puis Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, à la sortie du premier Conseil des ministres de la rentrée, l’ont confirmé.

Que se cache-t-il derrière cette consultation ? En apparence, donner la parole aux Français pour qu’ils puissent donner leur avis et co-élaborer la réforme des retraites, l’une des principales réformes du quinquennat Macron. En apparence seulement. Car, derrière le vernis du « dialogue » et de la « concertation », se trouve en réalité un énième exercice de « pédagogie », pour faire passer la pilule d’une réforme profondément injuste qui va baisser la pension de millions de retraités français.

A une première question d’un journaliste, Sibeth Ndiaye affirme que « l’objectif [de la consultation] est à la fois de présenter les principes de cette réforme aux Français et de les faire réagir sur ces différents principes ». Interrogée pour savoir si « des paramètres-clés de cette réforme des retraites pourront changer à l’issue de cette concertation, s’il s’avère qu’il y a une franche hostilité marquée par les Français sur certains points de la réforme », la porte-parole du gouvernement lève le voile : « il y a un certain nombre de principes qui ont été édictés par le gouvernement, et d’ailleurs débattus dans le cadre de la campagne présidentielle […] ces principes-là sont des principes intangibles. »

Ces principes ? Le système par points, instaurant un nouveau calcul des pensions qui représentera un manque à gagner de plusieurs dizaines d’euros par mois, donc plusieurs centaines d’euros par an pour la majorité absolue des (futurs) retraités ; la mise en place d’un « âge d’équilibre » à 64 ans, qui risque de devenir l’âge légal minimum dans un avenir proche ; « allonger la durée de travail pour l’ensemble des Français », « faire en sorte que les Français travaillent plus longtemps » : « ces principes-là sont des piliers de cette réforme », toujours selon les déclarations de Sibeth Ndiaye cet après-midi.

Le principe voulant que « les Français travaillent plus longtemps » s’appuie sur une justification : « nous vivons plus longtemps ». La hausse de l’espérance de vie est-elle un phénomène immuable ? Absolument pas. Les progrès de la médecine et la diminution du temps de travail sont les deux causes majeures de l’allongement de la vie des Français. Les deux sont totalement remises en question par les réformes ultra-libérales des gouvernements successifs. L’accès aux soins, auquel la sélection par l’argent fait de plus en plus barrage, n’est plus garanti pour les travailleurs modestes, en raison du démantèlement des services publics de la santé, qu’il s’agisse des fermetures de services dans les hôpitaux, de la dégradation de la qualité de la prise en charge dans ces établissements, comme du remboursement de la Sécurité sociale constamment en baisse. Le temps de travail s’allonge, dans la semaine, l’année et l’ensemble de la vie, ce qui a pour effet, combiné à des cadences de plus en plus soutenues et un management purement comptable, d’épuiser les employés et travailleurs « indépendants ».

C’est ainsi que l’espérance de vie des femmes a légèrement baissé, en France, en 2012, avant de nettement reculer, pour les femmes et les hommes, en 2015. C’est le sens de l’Histoire et du progrès humain qui s’inverse, au seul profit de la classe capitaliste qui a intérêt à la fois à l’augmentation du temps de travail, à la fois au démantèlement du service public de la santé. L’espérance de vie en bonne santé, enfin, recule dans notre pays, « en-dessous de la moyenne européenne » d’après un article du Monde du 19 février 2019, pour s’établir à 64,1 ans chez les femmes et 62,7 ans chez les hommes. Autrement dit, ils veulent nous faire travailler au-delà de cette limite.

Faire bosser les travailleurs de France plus longtemps pour une retraite plus petite, tel est le principe de cette réforme. C’est vrai pour tous les salariés aux revenus modestes, encore plus pour les masses de travailleurs aux périodes d’emploi hachées, comme cela devient la norme aujourd’hui, et toujours plus pour les professions jusqu’à présent relativement protégées, par l’alignement de toutes les situations sur la pire, un « principe d’équité » cher au gouvernement Macron. Les médecins, les infirmiers, les chauffeurs de poids-lourds, les ouvriers du BTP (bâtiment et travaux publics) ou de l’industrie, les agriculteurs : tous devront travailler jusqu’à 64 ans pour espérer toucher leur retraite.

« Le souci du gouvernement », selon Sibeth Ndiaye, « est de faire en sorte que le grand public connaisse dans le détail cette réforme, connaisse la situation qui est celle de notre pays », pour que les Français « en conscience, en compréhension totale, puisse se saisir du contenu de cette réforme ». Cela ressemble à un grand numéro de communication dont nos dirigeants ont le secret, pour tenter, aux frais du contribuable, de faire accepter une réforme injuste pour l’écrasante majorité des Français.

Revenons, pour conclure, sur deux affirmations mensongères de la porte-parole du gouvernement.

Primo, les principes de la réforme ont été « débattus dans le cadre de la campagne présidentielle ». Dans le programme d’Emmanuel Macron pour 2017, les retraites sont en effet évoquées, et voici ce qui apparaît : « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. » Les deux sont pourtant au cœur de cette réforme, constituant une attaque en règle contre les Français qui vivent de leur travail, pire encore que la réforme Fillon de 2010 qui avait mis plus de quatre millions de manifestants dans les rues.

Secundo, « la situation qui est celle de notre pays » justifierait absolument, comme c’est subtilement sous-entendu par Sibeth Ndiaye, la réforme qu’ils nous concoctent. Ainsi, le « déséquilibre » du système de retraites actuels serait insoutenable au regard des finances françaises. Un rapport du Conseil d’orientation des retraites, qui a « fuité » dans la presse le 11 juin 2019, fort opportunément pour le gouvernement, alerte sur un « déficit deux fois plus important que prévu en 2022 ». Son montant ? 10 milliards d’euros, amenés à croître dans les années suivantes. Bien sûr, ça paraît être une somme insurmontable. Pourtant, comme nous l’avons vu hier, le montant de la fraude patronale, si l’on recoupe différentes études dont le sérieux est prouvé, atteint au bas mot 217,9 milliards d’euros chaque année, en France. Si la classe capitaliste s’acquittait de ses devoirs, ne serait-ce que fiscaux, les travailleurs de notre pays pourraient partir à la retraite avec de meilleures pensions, pour tous, à 60 ans maximum. Ce n’est pas l’avis du gouvernement d’Emmanuel Macron, dont la porte-parole a déjà déclaré qu’elle « assume parfaitement de mentir pour protéger le Président », et qui va maintenant gentiment vous « l’expliquer ».