Fruits

En à peine deux ans, le « nouveau monde » de Macron s’est gâté. Sa politique a provoqué désillusion et colère chez les travailleurs de France. Seuls les très riches, propriétaires des médias comme des instituts de sondage, y trouvent leur compte, et continuent de faire la publicité du Président et de son mouvement. C’est ainsi qu’a été imposé le même duel qu’au second tour de 2017, ultra-libéraux contre ultra-réactionnaires, deux courants de la droite française qui ont mutuellement intérêt à cette confrontation factice.

Confrontation factice parce que, derrière les discours, ils ont tant de choses en commun. Le RN veut refuser à tout navire ayant secouru des migrants, dans cet immense tombeau qu’est devenue la Méditerranée, d’accoster en France ? Macron le fait déjà. Le Pen veut donner plus de « libertés » au patronat, imposer les accords d’entreprise contre les conventions collectives, supprimer une grande part des cotisations sociales, programmant ainsi la mort de la Sécurité sociale ? Macron mène cette politique. Le Président cherche à museler les journalistes, les empêcher par la loi de mener des enquêtes jugées trop subversives, leur interdire les coulisses du milieu d’affaires où se décident les grandes destinées de notre société ? Le RN a aussi voté, au Parlement européen, la directive instituant le secret des affaires. La droite libérale s’oppose à toutes les mesures écologiques fortes visant à réduire les émissions de CO2 et affaiblir les lobbies œuvrant contre la santé publique ? Le RN également.

Le nouveau monde de Macron se gâte, et lorsqu’il tombera, le capitalisme dans son état de pourrissement suprême offrira le pouvoir à l’extrême-droite. C’est, du moins, ce que préparent les milliardaires composant la bourgeoisie moderne, préférant donner des tribunes à des idéologues toujours plus violents envers les immigrés réels ou supposés, pour mieux diviser les travailleurs, plutôt qu’à des chercheurs ou des journalistes apportant une analyse rationnelle des contradictions de l’ordre établi. La raison est moins vendeuse que l’horreur, dans une société malade de l’absence, entre autres, d’instruction civique, tant par l’école que par les médias de masse. Et là où l’horreur dresse les « catégories » des classes populaires les unes contre les autres, la raison risque de les unir face aux véritables oppresseurs, qui ne sont autres que… les milliardaires. Les choses se tiennent.

Face au rouleau compresseur capitaliste, demeure un espoir. Grâce à toutes les résistances et les solidarités, quotidiennes et au long cours, des graines ont été semées et le sont encore. A la faveur d’un rayon de soleil, des fleurs en sortiront, annonçant, pour les exploités, les opprimés de notre pays et de notre monde, la fin d’un hiver semblant éternel. Elles donneront de beaux fruits, gorgés du travail de multiples générations humaines, qui étancheront la soif d’émancipation et de justice de tous les peuples. Le chemin de la nature est long et sinueux mais finit, toujours, par aboutir.

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